"le making of" de Bestioles - le temps s'étend ... clic here for english version
"l'explication des oiseaux"
ou
quelques commentaires sur les musiciens - bestioles
Après avoir enregistré
ou emprunté à des amis preneurs de sons des chants ou des sons
de mes bestioles, je les transfers dans le disque dur de mon ordinateur;
souvent je dois "nettoyer" les sons pour que la voix de mes bestioles
ne soient pas trop encombrées de bruit.
Puis je mets en route un de mes logiciels de musique : cubase ou logic; parfois,
je ne fais qu'un montage de ces sons en les composant;
mais la plupart du temps, j'utilise dans ces logiciels un "outil"
qu'on appelle un sampler ou échantillonneur si vous voulez;
on pourrait dire qu'il permet de créer un nouvel instrument de musique
:
on peut jouer sur un clavier de la flûte ou des percussions en faisant
jouer différents enregistrements de vraie flûte ou de
vraies percussions.
Avec mes bestioles, je joue de la mésange ou du crapaud - parfois c'est
un tout petit bout de son, parfois un motif ou une longue phrase
et les touches du clavier font jouer des enregistrements de mésange
ou de crapaud mais aussi de criquet, de baleine ou de lémurien. Auparavant,
je les ai tous mis au même diapason.
Une fois que mes "musiciens" sont en place, j'enregistre à
l'aide du logiciel ce que je joue comme sur un magnétophone;
chaque "instrument" a sa piste dont je règle les niveaux
et sa place dans ce qu'on appelle le panoramique.
Il me reste alors à faire le mixage de toutes ces voix ...
1 : neuf ou dix vagues
parmi ces vagues : des tourterelles pleureuses, mais aussi
l’Akalat dont le chant est une tierce mineure ascendante
(mi - solb)
et le Pririt qui chante un accord parfait majeur descendant
(sol - mi - do), ce sont deux oiseaux africains; la pirolle verte, une très belle pie du sud-est asiatique, se fait entendre aussi par son cri en deux notes.
Tout au long de ce morceau, la huppe fasciée donne
le cadre harmonique avec son triolet mis en séquence
2 :
Ooty Ooty
En Inde, on a souvent du mal à ne pas subir les bruits de moteurs,
maislorsque les rickshaws ont arrêté leur moteur, à Ooty,
petite ville des montagnes du Tamil Nadu on fredonne cette chanson douce avec
les batraciens (dont je ne connais pas le nom) et le shama,
un oiseau à la voix enjôleuse, avec quelques interventions d'une
grive
3 : tétra et
tralala
une danse menée le Grand Tétras et le Tétras-Lyre,
de grands oiseaux qui vivent dans les montagnes et sont particulièrement
menacés. On entend aussi des interventions de perdrix,
faisan, caille et d'une élégante
bécassine.
4 : en habit ténu : Erik Satie n'est pas loin dans cette ballade au piano
5 :
désert doux
une polyphonie chantée par le Sirli du désert – un oiseau
vivant au Maroc et en Mauritanie. J'ai laissé son chant se poursuivre
et se mêler au même chant transposé.
6 : le rêve
de l'alyte
l'alyte est un petit crapaud, on l'appelle le crapaud accoucheur,
il chante ici une sorte de cantique; une grive dorée
développe sa mélopée accompagnée par la rythmique
stridulante d'un criquet jacasseur
7 :
cigales cymbales
les cigales cymbalisent grâce à un organe spécifique et
terriblement efficace : la cymbale ,
comme dans cette fanfare martiale de cigales de Méditerranée.
Ce morceau est composé uniquement avec une seule prise de son (celle
d'André et Odile Boucher) que j'ai copiée et placée à
des hauteurs différentes.
8 : dans les mangroves
la séquence répétitive est empruntée au choucador,
un oiseau africain appelé aussi merle métallique ou
merle bronzé, la mélodie est chantée par une huppe,
un alyte, des grillons, les ponctuations
par un bubu
9 : le petit duc et
la princesse
le Hibou Petit-Duc égraine sa note flûtée
pendant les nuits d’été avec régularité
et sérénité; le butor étoilé
joue sa note grave, le riroriro, fauvette grise de Nouvelle-Zélande
prend sa place et va chanter une mélodie; interviennent aussi le craterope
et le couroucou, deux oiseaux africains et une bécassine;
ce Petit Duc magicien de
la nuit a été enregistré par Marc Namblard.
10 :
valse à tui
le tui est un oiseau de Nouvelle-Zélande pas farouche
du tout et un peu clown, peut-être parce qu'il s'enivre de nectar; il
fait penser à notre merle à nous : très m’as-tu
vu, il se lance dans des performances vocales; il est accompagné par
le takahe, qui pousse son cri plaintif, le mohoa,
le te ake, le magnifique korimako (bell
bird) et le kakapo (tous ces noms sont des noms maoris)
11 : chez Vulcain
des voix fantomatiques des habitants des étangs, mélangées
à une ambiance de savane africaine, le piano aux accords oniriques
vient conclure.
12 : la belle étoile
de sa voix étrange et grave, le Butor Etoilé,
une sorte de petit héron, chante lorsque les étoiles s’allument.
« la plus grosse contrebasse rend un son moins ronflant sous l'archet
: pourrait-on imaginer que cette voix épouvantable, fut l'accent du
tendre amour ? » disait Buffon
une grive dorée vient chanter une mélodie nocturne
13 :
l’Oisiveté
les oiseaux sont presque toujours actifs, sauf quand ils s'amusent et dansent
...
14 : la faim
les cris étranges de jeunes Chouettes Epervières
qui attendent leur repas dans le nid
15 : cygnification
sur trois notes, les trompettes des cygnes chanteurs reprises
par un piano mimétique et cygnificatif;
le son d'origine a été pris par Noémie Delaloye dans
une vallée réverbérante
16 : cadeau d'anniversaire
valse chantée par la huppe et les grillons
accompagnés par les criquets, et les sauterelles
17 : le temps s'étend
…
ce morceau est une longue improvisation avec mes musiciens-instruments; ce
sont des crapauds sonneurs à ventre jaune qui entament
cette ballade de leurs deux notes flûtée; après quelques
interventions du couroucou, un oiseau d'Afrique de l'Est
le hibou petit duc commence sa litanie nocturne avec son
unique note régulière, quelques sons graves du calao,
un oiseau tropical à gros bec, puis la notodele, un
oiseau asiatique, le pluvier joue de ses notes gaies, le loup
chante son doux hurlement, un criquet du Népal stridule,
l'alyte, le petit crapaud acoucheur, joue sa mélodie
de sa petite note et rejoint le sonneur et le petit duc; après l'intervention
du cratérope, un oiseau - paraît-il altruiste
et excellent danseur - , une nouvelle mélodie est alors chantée
par le riroriro, une fauvette qui enchante les forêts
de Nouvelle-Zélande; le butor vient alors marquer
la basse de sa voix grave; la stridulation népalaise devient une sorte
de grognement puisqu'elle est jouée dans les graves; les gibbons
font leur glissando rêveur; des sirlis, oiseaux du
désert se glissent délicatement dans ce rêve. On entendra
ensuite l'appel du plongeon (un oiseau des étangs),
un boulboul, des grillons, un shama,
un maina (tous indiens - avec les grillons, on entend aussi
les clochettes accrochées aux cous des chameaux), mais aussi quelques
cigales de Madagascar et quelques termites
dont j'ai pas mal amplifié les "titic". Le morceau se termine
un peu comme il a commencé avec crapauds sonneurs, alyte, notodele,
et la ponctuation du pluvier ...